Economie collaborative ou Uberisation de la société ?

20121231new_uber_logo2Depuis 2 ans, le phénomène Uber a tendance a tirer une balle dans le pied de l’économie collaborative. Uber est ainsi perçu comme le grand méchant loup qui s’attaque directement à une des professions les plus réglementées en France : les taxis.
On peut comprendre la colère des taxis au vu du prix de leur licence qui les oblige à s’endetter quelques années.
Uber a su jouer sur l’absence de législation, et surtout crée une économie qui échappe au législateur. En devenant chauffeur Uber, c’est un véritable nouveau revenu que celui-ci se procure. Sans réglementation de prix, chaque chauffeur pouvait fixer son propre prix, et ce revenu pouvait être très conséquent et sans aucune charge.

Mais confondre UBER avec la sharing economy serait une erreur.
Le fonctionnement d’Uber est identique aux recettes habituelles du capitaliste. Au départ il s’agissait d’optimiser les trajets des voitures en proposant à un chauffeur de profiter de son trajet pour transporter une personne. La non réglementation des tarifs a incité ces chauffeurs UBER ponctuels à devenir des chauffeurs à temps plein offrant un service identique aux taxis, mais sans les contraintes. Il ne s’agit plus alors d’optimiser des trajets mais bel et bien de créer une nouvelle concurrence dégagée des lourdeurs administratives et fiscales.
La nature ayant horreur du vide, si Uber a pu se développer aussi facilement partout dans le monde, il est légitime de se poser la question du manque de qualité de service des taxis et de leur souplesse face aux demandes. De ce point de vue, Uber a obligé la profession à se repositionner, et ce rapproche de la dynamique économie collaborative,qui, par son développement conséquent, remet en cause de nombreuses professions qui ne se sont pas ou peu remises en cause.

Uber est aussi un bel exemple qui montre qu’il ne suffit pas de faire une plateforme Internet de mise en relation pour faire de l’économie collaborative. Il est important de s’appuyer sur la notion de communauté que génère cette plate-forme, à l’exemple de Blablacar qui a travaillé autant sur la notion de communauté que sur son modèle économique. Les utilisateurs de Blablacar sont avant tout intéressés pour limiter les frais de transport, et non pas pour s’octroyer un nouveau revenu.
Aujourd’hui la sharing 2.0 est donc en pleine évolution, et si Uber a le mérite de remettre en question des fonctionnements qui ne sont plus adaptés, il est important de rester vigilent sur des dérives qui peuvent remettre en cause une économie de partage qui bénéficie à tous.

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