Le collaboratif dans l’entreprise !

Entreprise collaboratative

La multiplication des interventions des médias nationaux sur l’économie collaborative démontre la place de plus en plus forte de cette nouvelle économie et des opportunités qu’elle représente.
Mais l’économie collaborative ne touche pas seulement les secteurs d’activité, elle transforme en profondeur le fonctionnement des entreprises qui vivent de véritables mutations en interne, obligeant les managers à se repositionner et à repenser la gestion des hommes, en les intégrant aux réflexions de développement de l’entreprise, en favorisant l’initiative et la responsabilisation.

Une mutation managériale qui tâtonne mais qui réussie.

En France, le “pape” du management collaboratif s’appelle Jean François Zobrist. Cet ancien PDG des fonderies FAVI a mis en place un management collaboratif par nécessité. En effet en continuant avec les mêmes recettes de management et de marketing, l’entreprise FAVI allait droit dans le mur. Chiffre d’affaire en baisse, motivation des équipes en berne. La situation n‘était pas rose. Alors Jean François Zobrist a décidé de donner la parole à ses équipes et en le faisant et il a développé une véritable dynamique libératoire des idées, il a déplacé le curseur du pouvoir en le transmettant à l’ensemble des salariés. Ainsi est née la méthode FAVI qui est librement disponible sur le site Internet : http://www.favi.com/managf.php
La méthode FAVI part du simple postulat suivant : le développement d’une entreprise se fait grâce aux emplois productifs. Les postes de managers n’ont d’intérêt que s’ils accompagnent les équipes et apportent une expertise. Le cumul des postes non productifs ne fait qu’alourdir les procédures et ralentir la productivité.

Du postulat à la mise en pratique, le travail a été long et surtout il a fallu faire accepter la démarche aux responsables, managers et chefs de production.
Résultat, comme dans la plupart des entreprises qui ont développé la démarche, des managers ont quitté l’entreprise.

La mutation collaborative implique donc qu’elle soit initiée, motivée et impulsée par les chefs d’entreprise et les cadres dirigeants. Toutes les entreprises qui ont mis en place un management collaboratif, ont du travailler sur un concept innovant et curieux : faire fonctionner l’entreprise sans eux.

Cette philosophie nécessaire est la première étape d’une mutation globale. Les managers qui restent se transforment en super collaborateur et animateur d’équipe. Veritables experts, ils viennent en renfort des équipes qui ont en charge la totalité de leur pôle de production.

Des équipes autonomes

Les équipes se transforment en prenant en charge la totalité de lur pôle ou ilôt. Plus question d’appliquer simplement des directives. Les équipes réfléchissent à la manière d’organiser le travail, anticipent, s’adaptent vis à vis des demandes des clients. L’autonomie et la responsabilisation amène certaines équipes à gérer eux même leurs horaires de travail. Et contrairement à certaines idées reçues, le résultat est là. Les équipes s’auto régulent. Plus besoin de compteurs d’heures, de rapport à la hiérarchie.

Le marketing collaboratif : un repositionnement efficace

L’entreprise n’est pas un monde de bisounours, son objectif final est de créer du business.
Le 24 février 2015, Arte diffusait un reportage intitulé “le Bonheur au travail” dans lequel de nombreux exemples d’entreprises privées et publiques montraient que la mutation collaborative pesait positivement sur le business.
En responsabilisant les salariés, et en leur donnant les moyens d’être force de proposition (cf article sur les boites à idées) les chiffres d’affaire augmentent (ex :+30% pour l’entreprise FAVI), les services sont améliorés ( ex :temps de traitement des dossiers de la sécurité sociale belge passe de 15 à 3 mois).

En travaillant sur le management collaboratif, l’entreprise transforme également son processus marketing. Le salarié, véritable collaborateur de l’entreprise, devient alors le 1er ambassadeur de sa propre entreprise.
De là à dire que les commerciaux ne sont plus utiles, serait aller un peu vite. Mais avec le développement de l’autonomie et de la responsabilisation, le commercial va pouvoir mieux cibler ses prospects, et même développer une démarche de co-construction avec ses clients potentiels.
Dernièrement, nous avons rencontré une entreprise de sous traitance en Haute-Savoie qui a développé une vrai démarche collaborative. Cette dernière a totalement changé son positionnement stratégique en se présentant comme collaborateur de ses clients, et non plus en tant que sous traitant. En regroupant des pôles de recherche développement, la production, le service achat, et les universités, cette entreprise répond aux attentes de ses clients en proposant des produits plus performants et répondant mieux à la demande initiale ce qui, in fine,permet au client de faire évoluer son offre qualitativement.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’industrie a bien compris l’intérêt du collaboratif comme l’explique l’article sur Air Bus du magazine Usine nouvelle: “ c’est l’innovation qui permet de développer la compétitivité. L’A350 doit en grande partie son succès aux très nombreuses innovations qui caractérisent sa construction et ses équipements : matériaux composites permettant des gains de poids significatifs (environ 200 kg par passager) et donc moins de consommation de carburant, nouveaux moteurs beaucoup plus silencieux (30% de bruit en moins), technologies de dernière génération pour les pilotes (écrans tête haute, ordinateurs de bord ultra-performants…), optimisation de l’espace pour les passagers… Or une grande partie de ces innovations sont le fruit du travail des sous-traitants d’Airbus – dont beaucoup de PME – qui assurent environ la moitié de la production de l’A350. Cette force d’innovation est encouragée par Airbus, qui a choisi d’impliquer et d’associer ses sous-traitants dès la conception de l’A350, en leur confiant plus de responsabilités (et donc des contrats plus importants). Plutôt que de faire pression sur eux pour tirer les prix toujours plus bas, Airbus a choisi de miser sur l’innovation et la fiabilité avec une approche collaborative.”

Ainsi après le tourisme qui a pris à bras le corps, l’économie collaborative (un futur article traitera de ce sujet), ce sont bien l’ensemble des activités qui subissent une mutation collaborative interne, porteuse du développement des business de demain.

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